L'esclavage à la Martinique

ANCETRES ESCLAVES


Les sources principales

En fonction du mode d’acquisition de la liberté et de l’évolution de la réglementation, la trace est conservée soit dans des actes notariés, soit dans les registres d’état civil eux-mêmes, soit dans les deux. Toutefois, il n’est pas garanti de retrouver un écrit, car ce n’est que progressivement que les formalités furent fixées et simplifiées. En remontant le temps à rebours, on consultera :

 

Les homologations d'affranchissement - 

publication au Journal officiel ou à la Gazette officielle de la colonie, enregistrement au greffe puis à l’état civil

Cotesous-série 2 E, E-dépôt et sous-série 3K

La publication de l’affranchissement d’un esclave est bien souvent la source la plus ancienne qu’on pourra trouver sur cet ancêtre. Malgré des pratiques foisonnantes, le seul type d’affranchissement reconnu par la loi jusqu’en 1832 devait être sanctionné, sur demande du propriétaire, par le gouverneur qui délivrait à l’affranchi une patente de liberté. 

Cette mesure était alors consignée dans les registres du greffe de la juridiction la plus proche. Cette démarche étant assortie d’une taxe [5, de nombreux maîtres se contentaient d’accorder une liberté de fait. Avec les importantes réformes du mode d’affranchissement introduites par les ordonnances des 12 juillet 1832, 29 avril 1836 et 11 juin 1839, l’affranchissement, qu’il soit obtenu par la volonté du maître, par déclaration d’un patron pour les libres de fait, ou par rachat forcé, est simplement homologué par un arrêté du gouverneur qui doit être inséré dans les registres d’état civil des libres et publié dans la feuille officielle de la colonie. Dès 1832, des centaines de libres de fait, patronnés par leur ancien maître ou par un autre libre de couleur, peuvent ainsi faire reconnaître leur liberté, remontant parfois à plusieurs décennies. Ces arrêtés, le plus souvent collectifs, sont transcrits nominativement à l’état civil de façon systématique à partir de 1833. Cette transcription tient lieu d’acte de notoriété pour l’affranchi. Par ailleurs, à l’état civil, des registres spéciaux sont alors ouverts pour recueillir les déclarations d’affranchissement faites par les maîtres, tandis qu’au greffe de la cour royale sont tenus les procès-verbaux de la commission de rachat forcé instituée en 1845 [6].



 [5] Bien que non fondée en droit, cette taxe commença à être perçue dans les années 1720. Elle fut supprimée officiellement en 1831 (ordonnance du 1er mars).

 [6] Les registres de déclaration n’ont pas été conservés dans les communes, sauf cas exceptionnel, comme pour le Macouba en Martinique (1832-1847) et le Lamentin (1832-1848). Les procès-verbaux de la commission de rachat forcé ont été conservés pour la Guadeloupe et la Martinique (série U).