L'esclavage à la Martinique

ANCETRES ESCLAVES


Les sources principales

En fonction du mode d’acquisition de la liberté et de l’évolution de la réglementation, la trace est conservée soit dans des actes notariés, soit dans les registres d’état civil eux-mêmes, soit dans les deux. Toutefois, il n’est pas garanti de retrouver un écrit, car ce n’est que progressivement que les formalités furent fixées et simplifiées. En remontant le temps à rebours, on consultera :

 

Les registres paroissiaux

Datation : XVIIe-XIXe siècles

Cotesous-série 26J

Les registres de baptêmes constituent parfois la seule source ancienne pour rechercher son ascendance esclave. C’est le cas pour le Macouba (à partir de 1687), Case-Pilote (à partir de 1758), et le Carbet (à partir de 1810). En Martinique, les registres paroissiaux patiemment réunis par un père archiviste et grand érudit, l’abbé Bernard David (sous-série 26J) ont été partiellement numérisés. 

Le Code noir de 1685 oblige les curés à baptiser les esclaves et dispose que les solennités prévues par l’ordonnance de Blois et la déclaration de 1639 seront appliquées aux mariages des libres comme à ceux des esclaves. Cependant, la tenue des registres paroissiaux reste approximative, ainsi qu’en témoignent les observations des administrateurs. Dans les premières décennies, les curés inscrivent indistinctement libres et esclaves sur les mêmes registres. Aux Antilles, plusieurs ordonnances locales au cours du XVIIIe siècle précisent les obligations des curés pour la tenue de registres spéciaux pour les esclaves : en 1726 puis en 1758 en Martinique, en 1764 en Guadeloupe. A compter de cette date, les curés semblent avoir attaché plus de soin aux registres de baptêmes, mariages et sépultures d’esclaves, mais sans aller jusqu’à tenir en double ces registres, comme il est prescrit pour la Martinique en 1758 [3]. Après l’abolition, pour faciliter les légitimations d’enfants issus d’unions régulières (célébrées religieusement mais non déclarées à l’état civil) entre esclaves la loi du 6 décembre 1850 promulguée à la Martinique le 13 janvier 1851, stipule que les curés déposent tous leurs registres d’esclaves au greffe de la commune, ce qui semble avoir été peu observé [4].



 [3] Arch. Dép. Mart. B9 : arrêt en règlement concernant les registres des paroisses de l’île de la Martinique

 [4] On trouve exceptionnellement dans la collection communale les registres spéciaux pour les esclaves dans la paroisse du Trou-au-Chat (Ducos) à partir de 1770, du Saint-Esprit (à partir de 1780). Sur les mariages, voir E. Clairis-Gauthier, « Les Mariages d’esclaves à la Martinique, XVIIe-XIXe siècles », Annales des Antilles, 2005-2006, n° 37.